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Edito :

Au moment où la ville de Marrakech accueille la COP 22 le journal L’Economiste nous apprend la mise en place d’un indice « écolo » à la bourse de Casablanca qui comprendrait la Société Métallurgique d’Imit[d]er (SMI) et sa maison mère Managem. Pourtant, depuis 2011 la population locale d’Imider, où se trouve la mine d’argent de la SMI, proteste contre l’exploitation de ses ressources naturelles sans partage équitable des bénéfices et la pollution de son écosystème par la filiale de Managem qui fait elle-même partie de la holding royale SNI.

 

While Morocco is helding the COP 22 in Marrakech, a "green" index, including SMI and its parent company Managem, will be launched in Casablanca Stock Exchange. This is hapening despite the fact that the local people of Imider are contesting the way the subsidiary of Managem, which is part of the royal holding SNI, is using a mine in their land.

 

A la veille de la COP22 le Maroc connait aussi des manifestations dans plusieurs villes. Cela fait suite à un événement tragique qui met en évidence les limites d’une approche écologique top-down surtout lorsque celle-ci est couplée à un autoritarisme politique. En effet, Mohcine Fikri, un jeune marchand de poissons, a été broyé par un camion-benne à ordures suite à une procédure de saisie d’espadon pêché durant la période de repos biologique. Il y a bien sûr, dans ce qui s’est passé, un mépris de la vie humaine (Hogra), mais il y a aussi une faillite de l’approche conservationniste classique qui surplombe les populations locales pour imposer des solutions de repos biologique sans prendre en compte d’autres dimensions.

 

Demonstrations are also taking place in Morocco. People are calling for dignity and protesting against the death of Mohcine Fikri, a young fisherman crushed to death in a rubbish truck. His 500kg swordfish has been confiscated by the police due to a ban on fishing at that period of the year. This is of course a dignity issue but it is also challenging the conservationist approach that is not taking into account local people. Its solutions consist mainly on imposing biological rest period while neglecting other dimensions.

 

Aujourd’hui, certains travaux académiques signalent des « blind spots » dans les dispositifs environnementaux mis en place puisqu’ils ignorent la dimension politique (dans le sens rapport de force et inégalités entre acteurs). Ansi, ce sont souvent les personnes vulnérables, pauvres ou discriminés qui vivent dans les régions les plus pourvus en ressources bio-écologiques et en services écosystémiques mais ces même ressources bénéficient à des consommateurs qui se trouvent dans les villes riches ou dans les pays développés. De plus, la question du bien-être et de la sécurité de ceux qui travaillent pour produire ces ressources agro-écologiques est souvent écartée. Il faut donc transformer cette approche conservationniste en adoptant des démarches bottom-up participative tout en bouleversant le rapport de force inégalitaire entre acteurs.

 

Dans ce dossier, nous vous proposons une réflexion sur certaines questions environnementales. Le premier article porte sur l’accord de Paris suivi d’un deuxième article qui analyse l’articulation de l’écologie et de l’émancipation. Le troisième porte, pour sa part, sur la problématique de la gestion des catastrophes causées par le changement climatique dans le cas de Tiznit au sud du Maroc. Les deux articles suivant s’interrogent sur la politique économique environnementale au Maroc à travers des cas particuliers tels que celui des énergies renouvelables (MASEN). Diana Davis propose, quant à elle, de rompre avec une approche agro-écologique héritée de la période coloniale qui ne tient pas compte des spécificités locales. Un décentrement par rapport au cas marocain nous mène à étudier la politique environnementale en contexte post-révolutionnaire tunisien. Un autre article, met en évidence les risques et enjeux de l’exploitation du gaz de schistes qui a, par ailleurs, conduit à des contestations importantes en Algérie. Un point de vue plus global sur la lutte pour la justice environnementale dans le Grand Maghreb est ensuite proposé par Hamza Hamouchene. Lotfi Chawqui interroge, pour sa part, le rapport qu’entretient la gauche marocaine à la question environnementale. Nous clôturons notre dossier par deux articles traitant de la question de l’économie dans l’environnement. Le premier aborde le rôle du business dans les négociations environnementales alors que le second porte sur le processus de mise en place d’incitations économiques pour sauver l’environnement tout en proposant une autre approche alternative.

  • Changement climatique : que faire après Paris ?

    Par : Maxime Combes
    Rédigé lors de la COP21, l’Accord de Paris sur le climat a été signé par plus de 170 Etats réunis à New-York fin avril. Il est d’ores-et-déjà ratifié par une centaine d’entre eux qui représentent près de 70% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Bien que portant sur la période postérieure à 2020, il est donc entré en (...)

  • Question écologique et émancipation.

    Par : Lotfi Chawqui
    « Nous avons le pied collé sur l’accélérateur et nous fonçons vers l’abime » Baa Ki Moon ( secretaire générale de l’ONU ) !!
    Il ne s’agit pas ici d’aborder les raisons de la crise climatique mais de réfléchir sur la signification politique et sociale de la question écologique et de son rapport avec un projet d’émancipation. La question (...)

  • Tiznit inondée ! Enjeux de gouvernance et changement climatique.

    Par : Soraya El Kahlaoui
    En novembre 2014, le Maroc a été frappé par de fortes inondations qui ont sinistré une partie du sud du pays. Sous le poids des pluies, des milliers de maisons, construites pour la majorité en terre, se sont écroulées ; laissant des habitants sans abris, en plein froid hivernal. Pendant plusieurs semaines, des villages (...)

  • Ecologies of capitalism in Morocco’s renewable energy transition.

    By : Karen Rignall, PhD, University of Kentucky (Une version française de cet article est disponible en fin de ce dossier)
    This year, Morocco will welcome CoP22 having inaugurated one of the most ambitious renewable energy plans in the world. The country’s renewable energy plan, combining solar, wind, and hydroelectric, aims to provide over (...)

  • Projets de développement durable au Maroc : protéger l’environnement ou protéger les profits ?

    Par : Jawad. M
    « Il y a suffisamment de ressources sur cette planète
    pour répondre aux besoins de tous, mais il n’y en a pas assez
    s’il s’agit de satisfaire le désir de possession de certain » Gandhi
    « Un problème créé ne peut êtrerésolu en réfléchissant
    de la mêmemanière qu’il a été créé » [Albert Einstein]
    La crise écologique globale est la plus (...)

  • Decolonizing Environmental Knowledge and Development in Morocco.

    By : Diana K. Davis, DVM, PhD, University of California, Davis
    For decades Morocco has been following largely colonial plans for agricultural and rural development as well as mobilizing colonial environmental knowledge to do so. As a result of my field work and research in and on Morocco over a couple of decades, I would like to suggest that (...)

  • La politique environnementale en Tunisie – Enjeux et défis.

    Par : Nourredine Jouini & Sarra El Idrissi
    Dans le présent article, nous allons mettre la lumière sur le traitement de la question environnementale dans le contexte tunisien face aux changements climatiques que connait le pays. Comment se décline cette question au niveau des politiques publiques tunisiennes et au niveau de l’action (...)

  • L’exploitation du gaz de schistes : risques et enjeux.

    Par : Hajar Elfatihi
    Cette année, alors que le Maroc organise la conférence des parties (cop22) qui se tiendra à Marrakech et qui accueillera pour la première fois un sommet mondial ou plusieurs états seront représentés pour discuter des enjeux climatiques dont fait face le monde actuel, le débat sur la prospection de nouvelles ressources (...)

  • What does it mean to fight for "climate and environmental justice" in the Maghreb ?

    By : Hamza Hamouchene
    It has become a tradition for me to state clearly from the outset where I stand politically and ideologically because I simply don’t believe in neutral discourses. My perspective is not one of academics and university people who choose to be neutral in face of injustices and oppression, and who justify this by saying they (...)

  • La gauche marocaine et la question environnementale.

    Par : Lotfi Chawqui
    De nombreuses contributions partielles, académiques ou militantes, ont pointé les effets du développement capitaliste-productiviste au Maroc :
    développement d’un tourisme de masse et de luxe aboutissant à un bétonnage des côtes, une exploitation importante de l’eau y compris pour faire face à la multiplication des golfs (rien que (...)

  • Business diplomacy in global environmental negotiations.

    By : Amandine Orsini, Université Saint-Louis – Bruxelles
    Business is one of the nine major groups recognised by Agenda 21 in 1992, and is therefore a key actor in global environmental politics. There are a number of reasons why business is an interesting actor to study : business proposes solutions, tries to influence decision-making, plays a (...)

  • Saving the environment : from economic incentives to a diverse valuation of nature.

    By : Oubenal Mohamed
    Since the industrial revolution and the rise of capitalism, modern economic activities have had a significant negative impact on the nature. Today, climate change and the loss of biodiversity are challenging the existence of humankind. In this paper I explain the process that led to the domination of market based (...)

  • Les écologies du capitalisme dans la transition vers les énergies renouvelables au Maroc.

    Par : Karen Rignall, PhD, Université du Kentucky
    Cette année, le Maroc, qui a inauguré un des plus ambitieux projets d’énergie renouvelable au Monde, accueillera la COP22. Ce projet, combinant énergies solaire, éolienne et hydroélectrique, vise à fournir plus de la moitié de l’énergie du pays d’ici 2030. C’est une priorité pour le Roi Mohammed VI et un (...)